PROJET LICHTENBERG

GUYLAINE CODERRE et CHARLES GUILBERT

textes

  1. Il voulait se noyer, seulement son chien, qui courait derrière lui, le rapportait toujours.

  2. Nous n’avons nulle parole pour parler de sagesse à l’abruti.
  3. Il avait donné des noms à ses deux pantoufles.
  4. Si un livre et une tête se heurtent et que cela sonne creux, le son provient-il toujours du livre ?
  5. Il se coupait lui-même la parole.
  6. Je suis convaincu que l’on ne fait pas uniquement que s’aimer à travers les autres, mais que l’on se hait aussi à travers eux.
  7. L’éclair de la conviction qui partout mettait le feu.
  8. Pendant que l’on écrit publiquement sur des péchés intimes, moi, j’ai entrepris d’écrire en cachette sur les péchés publics.
  9. Il y a des gens qui croient raisonnable ce qui est fait avec un visage sérieux.
  10. Je dois absolument écrire pour apprendre à estimer l’ampleur du chaos qui m’habite.
  11. Il est bien connu que les petits quarts d’heure sont plus longs que les quarts d’heure.
  12. Il prononce là-dessus son hocuspocus transcendantal.
  13. L’homme aime la société, fût-ce celle d’une chandelle allumée.
  14. Après une guerre de Trente Ans avec lui-même, il parvint enfin à un compromis, mais le temps s’était envolé.
  15. Des regards neufs à travers de vieux trous.
  16. Il se déplaçait lentement, comme une aiguille des minutes au milieu de plusieurs aiguilles des secondes.
  17. Il est presque impossible de porter le flambeau de la vérité parmi une foule sans roussir une barbe.
  18. La tourmente sur la montagne, le bruissement d’une chênaie, les nuées argentines, voilà de bien bonnes choses, mais de nouvelles images sont préférables.
  19. Théorie des rides d’un oreiller.
  20. Je me suis fait une petite Sibérie pour mes sujets rebelles.
  21. Avec la plus voluptueuse angoisse.
  22. J’ai obtenu tant d’honneurs immérités dans ma vie, que je puis bien une fois supporter un blâme injustifié.
  23. C’est ainsi que se moquent de nous nos cousins l’ange et le singe.
  24. Ah ! que ferions-nous, dit la jeune fille, si le bon Dieu n’existait pas ?
  25. Il possédait toutes les expressions de la déclinaison et de l’inclinaison du chapeau.
  26. Il se tenait là, pitoyable, comme un morceau d’encens calciné.
  27. Inventer de nouvelles erreurs.
  28. Rien ne concourt davantage à la paix de l’âme que de n’avoir pas d’opinion.
  29. On trouve dans le monde plus souvent matière à s’instruire qu’à se consoler.
  30. Laissons tranquillement croître l’herbe sur ce sujet.

Lichtenberg, Le miroir de l’âme, José Corti, Paris, 1997 – traduit de l’allemand et préfacé par Charles Le Blanc. (Avec l’aimable autorisation de l’éditeur.)

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